GazKiller_01_VdMCentre Culturel Irlandais 5 rue des Irlandais 75005 Paris
Du 18 septembre au 15 novembre 2009

Ce samedi soir (3 octobre) j'intente une petite ballade parisienne nocturne pour cette nuit blanche 2009, à la recherche du masque qui ne fermerait pas l'œil de la nuit.
Les masques qui veillent, ce soir, se trouvent dans la cour du centre culturel irlandais. Ce sont des masques... à gaz.

Pas exactement de vrais masques filtrants (à y regarder de plus près), mais une installation constituée d'automates, corps de métal façon obus, et tête de masque à gaz façon petit chien. Une belle ligne de bon toutous bien en rang, militaires à souhait. dans une lumière rouge saturée.
La mécanique, en les animant, crée des bruits de chocs légers, comme une musique percussive. Le mouvement est régulier, la synchronisation froidement parfaite. Un nuage de fumée vient arrêter la machinerie... jusqu'à la prochaine séquence.
Les enfants adorent, et si l'imagerie est assez sérieuse par ce qu'elle évoque, l'installation reste ludique et s'accorde bien avec la légèreté un brin festive de la soirée.

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Malachi Farrell est né à Dublin en 1970, et travaille à Paris et New York. Il se positionne en artiste engagé, son discours dénonce la standardisation  qui mène à d'autodestruction. Son langage est néanmoins celui du burlesque, à la manière du Charlie Chaplin des « Temps Modernes » (dit l'annonce).

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Outre la première guerre mondiale, et les armes chimiques, ces masques symbolisent donc l'être uniformisé. Le masque (pourtant industriel et non représentatif) devient une tête vaguement animale, vaguement familière.
Nous sommes dans une substitution. L'être disparait pour le masque. La forme emballante devient le sujet (normal pour un masque) mais le masque est porté par une machine, un masque qui peut se passer de porteur, donc un personnage qui peut se passer de pensée.

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photos C.Moise